ÉDITORIAL DE L'AUTEUR 21/02/2002
Qu’est-ce que LA TROISIÈME VOIE

Le concept de TROISIÈME VOIE se matérialise par le Contrat de Société

Analyse préliminaire

Le terme de Troisième voie est employé comme expression intermédiaire entre deux concepts, comme s’il s’agissait d’un arbitrage.

Des dirigeants du monde entier appartenant à la classe politique, économique et intellectuelle, accourent à ce nom, sans avoir pu auparavant le définir en raison de sa complexité. Ils l’expliquent chacun à leur manière, car leurs différents points de vue ont un dénominateur commun – ils partent de l’analyse des options politiques pour rechercher le point exact où peut se situer la troisième voie –, mais ils l’expriment en des termes subjectifs et, dans ces conditions, il ne peut exister d’unanimité dans les critères. Ils discutent les fondements d’un nouveau centre-gauche qualifié de troisième voie, en recherchant ce qui peut constituer sa base idéologique et intellectuelle. Nous avons donc l’indice selon lequel la troisième voie se veut un courant politique, une attitude ou une façon de gouverner qui se trouve entre le centre et la gauche. Je crois que si nous recherchons la justice sociale et que nous travaillons réellement pour le bien-être économique des citoyens, la troisième voie ne peut représenter uniquement une fraction du corps social et, par conséquent, doit avoir un caractère neutre. Les qualificatifs de droite, gauche et centre sont des termes valables pour définir les organisations politiques, mais aujourd’hui, cela ne suffit plus. Dans la théorie politique tiennent toutes les interprétations que nous voulons donner de l’économie, mais dans la théorie économique, destinée aux personnes, seuls deux groupes sont possibles – ceux qui donnent du travail et ceux qui acceptent de travailler. Dans cette relation, les distinctions idéologiques ne sont pas valides et, par conséquent, la troisième voie ne peut être un terme politique puisque sa structure est exclusivement économique. La troisième voie n’a rien d’une alternative politique, elle dispose d’une identité propre et poursuit un objectif économique.

Ma troisième voie est l’expression d’un nouveau concept d’accord professionnel où les travailleurs s’identifient aux entreprises, où le travail et le capital sont réunis et forment une société. C’est une nouvelle relation dans le travail, sans l’opposition d’intérêts des conventions collectives. C’est pourquoi je considère qu’il est incongru de rechercher un fondement idéologique et intellectuel pour identifier ce projet, car c’est un projet politique dont le fondement est strictement économique, et qui exclut les distinctions entre droite, gauche et centre. La troisième voie consiste à obtenir la productivité et la rentabilité maximales dans les entreprises, et à obtenir pour les travailleurs 50 pour cent des résultats, en tant que propriétaires de 50 pour cent de leurs actifs d’entreprise respectifs.

Ce concept, dont le caractère est essentiellement économique, politiquement neutre et socialement global, ne ressemble en rien à la troisième voie que tente d’arborer le travaillisme britannique à la recherche d’une nouvelle identité, recherche qui meurt doucement, absorbée par le labeur politique quotidien, plus orienté vers les convenances de groupes que vers la consolidation de l’État Bien-être. Ma troisième voie propose des solutions immédiates : la création d’emploi à grande échelle, une forte impulsion économique avec la construction illimitée de logements en vue de couvrir la totalité des besoins, et le renforcement du Trésor public grâce à des ressources quasiment inépuisables car provenant du travail accumulé. J’ignore, car elles ne sont pas pertinentes, les idéologies des partis politiques, et je me limite à canaliser et utiliser aujourd’hui le flux de richesses créé par le travail futur de millions d’êtres humains, pour qu’à leur tour ils profitent, toujours aujourd’hui, d’un bien-être qu’ils paieront facilement avec le travail de demain. Il s’agit d’une sorte de carte de crédit qui facilite l’achat et le paiement.

LA TROISIÈME VOIE est un projet économique sans rhétorique ni nuances politiques. C’est un projet qui s’adresse à l’ensemble de la société, sans distinction de races, de croyances religieuses ou de préférences politiques. C’est un projet dont le but est d’obtenir un travail stable avec des revenus plus que nécessaires afin de créer des noyaux familiaux économiquement indépendants. Cette liberté, fondée sur le travail, donnera lieu à une société joyeuse, créative et dynamique.

Dans l’abstrait, les États connaissent les déséquilibres financiers suivants :
1. Budgets déficitaires.
2. Dette publique écrasante.
3. Prestations sociales onéreuses : (chômage, pensions pour accidents, retraites, santé.)
4. Déficit de logements sociaux.
5. Affectations insuffisantes de fonds à la Recherche et Développement.

Ainsi, les budgets des états ont en commun le déficit, le réajustement des postes de frais, la diminution des investissements productifs et l’augmentation de la pression fiscale.

Les causes sont simples. Dans les coffres de la Nation, il n’y a pas suffisamment d’argent pour répondre à tous les besoins, ce qui indique que les méthodes traditionnelles d’équilibre budgétaire ont cessé d’être efficaces. Il faut chercher de nouvelles sources de revenus, étrangères au concept d’impôts ou de taxes, à la demande de prêt ou à la vente de patrimoine.

LA TROISIÈME VOIE s’appuie sur la répétition de cycles avec trois composantes inaltérables : le travail, la production et la consommation. La production est une conséquence du travail et elle est consommée avec un travail constant. Dans chaque cycle, de la richesse est créée, et les travailleurs, qui reçoivent leur salaire, perçoivent également la moitié de la richesse créée en vertu de leur condition de propriétaires de la moitié du capital des entreprises. En résumé, ceci est LA TROISIÈME VOIE, la solution aux problèmes.

Le travail permanent s’obtient grâce à la CONSTRUCTION ILLIMITÉE DE LOGEMENTS autofinancés, c’est-à-dire avec un coût ZÉRO pour l’État.

Le renforcement imparable de l’industrie du bâtiment produit de grandes RÉSERVES FINANCIÈRES libres, dont il est possible de disposer de façon immédiate en vue de lancer la création de nouvelles industries, avec des cycles de travail propres, une production et une consommation.

Une partie des réserves obtenues dans la construction de logements sert à financer 50 pour cent du capital des entreprises pour que les travailleurs prennent part à la propriété des moyens de production. Par conséquent, la relation entre les travailleurs et leurs entreprises respectives ne sera pas matérialisée par le Contrat de travail mais par le CONTRAT DE SOCIÉTÉ.

Prochain éditorial le 1 mars 2002
“Doctrine sociale de l’Église, inspiratrice du Contrat de Société”

Voir TOUS les éditoriaux à la fin du SOMMAIRE, sur la première page.

EDITORIAUX PUBLIÉS:

1. GLOBALISATION. TAXE MONTANER contre TAXE TOBIN
2. S.O.S. AEGENTINE . Urgence
2. GLOBALISATION ET TROISIÈME VOIE
4. Qu'est-ce que LA TROISIÈME VOIE

Francisco Montaner


Globaliser le logement à un coût nul